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À 50 ans, elle plante les racines de sa ferme

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elle plantes les racines de sa ferme
  1. Une reconversion guidée par le sens

    Isabelle Daubney a 51 ans. Après près de vingt ans dans le secteur des services, elle a choisi de changer de vie. Elle ne parle pas d’un simple virage professionnel. Elle parle d’un retour à l’essentiel. En 2022, elle lance un projet de reconversion agricole. Elle quitte le tertiaire pour rejoindre le secteur primaire. Son objectif est clair : créer une ferme en maraîchage biologique avec un verger diversifié.

    Ce choix ne naît pas d’un coup de tête. Il mûrit après une période difficile. Le Covid agit comme un révélateur. Elle ressent un besoin profond d’aligner ses valeurs personnelles avec son activité professionnelle. Elle décide alors de se former sérieusement. Elle intègre un parcours agricole, apprend l’agronomie, la gestion et la réalité du terrain. Elle passe du bureau au champ. Son projet prend racine dans les Flandres maritimes, à Bierne, dans le Nord (59).

  2. Se former pour bâtir un projet solide

    Isabelle ne se lance pas seule. Elle s’appuie sur un réseau associatif engagé dans l’installation agricole. Elle participe à des “cafés de l’émergence”. Elle échange avec d’autres porteurs de projets. Elle affine sa vision. Elle construit son modèle économique pas à pas. Elle suit ensuite une formation diplômante en maraîchage biologique. Elle travaille sur plusieurs exploitations. Elle teste la réalité du métier. Elle apprend aussi à monter un plan de financement. Elle cherche du foncier. Elle structure son projet.

    En 2024, un appel change tout. Une parcelle de 5 hectares se libère à Bierne. Elle se positionne. Le terrain correspond à sa vision. La terre appartient à un réseau engagé dans la préservation du foncier agricole. Isabelle deviendra fermière locataire. Elle exploitera 2 hectares en bio.

    Le projet devient concret.

  3. Un modèle pensé pour durer

    Isabelle ne construit pas une ferme à court terme. Elle pense transmission dès le départ. Son exploitation reposera sur deux piliers. Le premier, le maraîchage, permet des cycles courts. Une salade pousse en six semaines. Cela crée rapidement du chiffre d’affaires.

    Le second pilier, le verger, s’inscrit dans le temps long. Elle mise notamment sur le noisetier. Rustique, adaptable, productif après quelques années, il offre un potentiel intéressant. Les noisettes peuvent se vendre fraîches, séchées, en huile ou en pâte. La transformation apporte une forte valeur ajoutée.

    À l’horizon de 8 à 10 ans, elle prévoit d’équilibrer son activité entre cultures courtes et production arboricole. Son objectif reste simple : vivre de sa passion tout en respectant la terre.

  4. Le 24 février à Bierne : un jalon fondateur

    Le mardi 24 février marque une étape clé. Sur sa parcelle, Isabelle organise un chantier participatif. L’objectif est double : planter une haie double multi-strates et démarrer le verger. Au total, 200 mètres linéaires de haie sont plantés. Dix premiers pruniers prennent racine. Ces arbres symbolisent le début de l’outil de production.

    Mais la haie ne sert pas qu’à délimiter un terrain. Elle protège du vent. Elle filtre les intrants venus des parcelles voisines. Elle favorise la biodiversité. Elle structure le paysage. Sur un sol longtemps cultivé en conventionnel, la haie devient un levier de régénération.

    Ce chantier pose les premières bases agroécologiques de la ferme.

  5. Une mobilisation collective impressionnante

    Cette journée ne s’est pas faite seule. Environ 30 personnes participent au chantier.

    Vingt jeunes accompagnés par l’association La Vie Activeviennent prêter main forte. Ces jeunes rencontrent des difficultés sociales. Le chantier leur offre un cadre collectif et concret. Des bénévoles du village répondent aussi présents. Des partenaires agricoles et associatifs soutiennent l’initiative.

    Et deux collaborateurs de GLASSEO, Sébastien et Erwan, font le déplacement depuis la Vendée. L’ambiance reste simple et chaleureuse. On plante. On échange. On partage des frites. On rit. Sous le soleil d’hiver, la haie prend forme.

  6. Les journées d’action solidaire chez GLASSEO

    Chez GLASSEO, réparer un pare-brise ne suffit pas. L’entreprise s’engage aussi sur le terrain. Elle soutient des projets locaux à impact environnemental et social. Grâce à son mécénat auprès des Planteurs Volontaires, GLASSEO finance les dix premiers arbres du verger d’Isabelle. Ce geste marque le début officiel de sa production fruitière.

    Les journées d’action solidaire permettent aux équipes de s’impliquer concrètement. Elles sortent du cadre habituel. Elles participent à des projets qui ont du sens. Planter une haie aujourd’hui, c’est créer un écosystème pour les décennies à venir.

    Cette cohérence entre engagement environnemental et action locale reflète l’ADN de GLASSEO.

  7. Un terrain à reconstruire

    La parcelle de Bierne a connu des décennies d’agriculture intensive. Le sol reste fertile, mais fragilisé. Il présente des zones hydromorphes. L’eau stagne en surface. Avant de produire, Isabelle doit stabiliser un axe de circulation. Elle doit installer l’irrigation. Elle doit monter un hangar et une serre.

    Elle avance étape par étape. Elle refuse de brûler les étapes. Son approche privilégie la résilience. Elle restaure d’abord les équilibres naturels. La production viendra ensuite.

    Une aventure de couple et de territoire

    Isabelle ne porte pas ce projet seule. Son conjoint, Guillaume, ancien paysagiste, l’accompagne. Il connaît la terre. Il connaît les contraintes physiques du métier. Aujourd’hui agent territorial, il apporte stabilité et soutien. Le couple imagine déjà la transmission future. Ils veulent créer un outil viable pour qu’un ou une jeune agricultrice puisse reprendre le flambeau. La ferme ne sera pas qu’un lieu de production. Elle deviendra un espace ancré dans son territoire.

    Planter aujourd’hui pour récolter demain

    Les dix pruniers plantés le 24 février ne donneront pas de fruits immédiatement. Mais ils racontent déjà une histoire. Celle d’une femme qui ose changer de vie à 50 ans. Celle d’un territoire qui soutient l’agriculture locale. Celle d’une entreprise, GLASSEO, qui choisit d’agir concrètement. Planter une haie, c’est croire en l’avenir. Et parfois, il suffit d’une journée collective pour faire pousser beaucoup plus que des arbres.