Portrait de l’écologiste : Berta Caceres

Développement durable

Un portrait pour ne pas oublier ces femmes aux destins hors norme qui contribuent ou qui ont contribué à l’évolution des prises de consciences écologiques.

Elle s’opposait à la construction d'un barrage sur le fleuve Gualcarque, situé sur les terres de la communauté Lenca à laquelle elle appartenait.

  1. La femme et son combat

    La vie de Berta Cáceres s’inscrit dans cette lignée de femmes exceptionnelles qui trouvent leur force dans le combat des autres femmes, celui de sa mère en l’occurrence.

    Une femme du peuple, politique et engagée : à une époque où l’on attend qu’elle soit mère au foyer, elle est à la fois sage-femme et maire de la commune. Berta gardera toute sa vie la trace de l’engagement de sa mère et s’inspirera de son courage dans sa propre lutte.

    Cette femme au caractère trempé est née en 1973 dans un petit village situé dans le centre du Honduras et qui se nomme La Esperanza, traduit en Français c’est le village de L’espoir…Quelle ironie du sort pour cette femme issue d’une petite communauté indienne les Lenca et qui a voué sa vie à lutter pour son peuple.

    Elle avait à peine 20 ans quand elle fonde en 1993 une organisation militante pour résister aux projets d'exploitation minière et de barrages qui menacent l'environnement et les populations locales. Quand on connait la notion de droit dans ces pays d’Amérique du sud, c’est déjà un exploit en soit.

    A partir de 2006, la lutte contre le barrage Agua Zarca se tend dans un pays ravagé par la corruption. La commission inter-américaine des droits de l’homme intervient juste à temps en 2009 alors que des militaires encerclent sa maison dans un pays en plein coup d’état.

    En 2015, elle devient plus connue en recevant Le Prix Goldman pour l'environnement. Ce prix prestigieux est remis à des défenseurs de l'environnement et permet de recevoir une dotation de 125 000$. Malheureusement cela n’aura pas suffi à la mettre à l’abri ni à calmer les appétits des actionnaires en mal de barrages et de découpe de forêt.

  2. Une justice rendue malgré tout.

    En 2019 la justice a condamné 7 hommes ayant participé à l’assassinat avec des peines de 30 à 50 ans de prison.

    Mais l’affaire continue et le 5 juillet dernier c’est le commanditaire et dirigeant du barrage Roberto Castillo qui a été reconnu coupable. La peine sera prononcée le 3 aout 2021.

    En parallèle le 30 juin dernier plusieurs députés européens ont contacté le président hondurien Juan Orlando Hernandez pour que justice soit faite pour Berta Caceres

Nous lançons un appel à l'Etat hondurien pour qu'il assure (...) l'accès à la justice et une réparation adéquate, effective et rapide pour les victimes, tant la famille de Berta Caceres que la société hondurienne dans son ensemble qui a été frappée par ce crime atroce », ont-ils écrit.