COP17 biodiversité : le bilan après le sommet d’Erevan
COP17 biodiversité : ce que change le sommet d’Erevan
La COP17 biodiversité s’est achevée à Erevan, en Arménie, le 31 octobre 2026 au matin. Les discussions ont dépassé la date de clôture initialement prévue, le 30 octobre. Après deux semaines de négociations, les États ont adopté près de 50 décisions pour mieux protéger le vivant. Mais une réalité s’impose : le monde avance encore trop lentement.
Insectes, forêts, sols, rivières et océans ne sont pas des décors. Ils rendent possible notre alimentation, notre accès à l’eau et une grande partie de nos activités. Quand les milieux se dégradent, ce sont aussi les habitants et les entreprises qui en subissent les conséquences.
Alors, cette COP17 a-t-elle servi à quelque chose ? Oui, car elle a produit une feuille de route et des décisions. Non, si l’on imagine qu’un sommet peut réparer la nature à lui seul. Voici le bilan, sans jargon ni promesses magiques.
Premier bilan mondial : les objectifs pour 2030 restent hors de portée
En 2022, le cadre mondial de Kunming-Montréal avait fixé 23 cibles pour 2030. Quatre ans plus tard, les pays ont enfin procédé à leur premier bilan collectif. Le constat est préoccupant : sans nette accélération, les objectifs ne seront pas atteints.
Certains gouvernements ont adopté des stratégies nationales. De nouvelles protections et des projets locaux existent. Mais les résultats restent inégaux. Les progrès annoncés ne suffisent pas à inverser la dégradation des écosystèmes à l’échelle mondiale.
Ce bilan constitue l’une des grandes avancées du sommet. Il offre un point de départ commun. Les États savent désormais mieux où se trouvent les retards et sur quels leviers agir. Encore faut-il passer du diagnostic à l’action.
La « voie d’Erevan » : une feuille de route, pas un miracle
Les négociateurs ont adopté la « voie d’Erevan », ou Yerevan Pathway. Derrière ce nom se trouve un engagement collectif : accélérer la mise en œuvre des objectifs déjà décidés en 2022. Il ne s’agit pas d’un nouvel accord qui remplacerait celui de Montréal.
Le texte demande notamment de mieux intégrer la biodiversité dans les décisions économiques, de renforcer les plans nationaux et de suivre les résultats de façon plus lisible. Il pousse aussi les États à revoir les aides qui favorisent des activités néfastes pour la nature.
L’enjeu est concret. Une annonce internationale compte peu si les budgets, les règlements et les pratiques ne changent pas ensuite. La feuille de route offre une direction. Son efficacité se mesurera sur le terrain, dans les prochaines années.
Protéger 30 % des terres et des mers : le cap est maintenu
La cible phare reste la protection efficace d’au moins 30 % des terres, des eaux intérieures et des espaces marins d’ici 2030. Cela suppose de préserver de vrais habitats, et pas seulement de colorier des zones sur une carte.
Une aire protégée doit disposer de règles adaptées, d’équipes et de moyens. Il faut y limiter les pressions, surveiller les espèces et associer les populations concernées. La COP17 a aussi poursuivi les travaux sur les milieux marins et les eaux intérieures.
Chez nous, les réserves de biosphère UNESCO illustrent ce défi : faire cohabiter activités humaines et protection du vivant. C’est souvent moins spectaculaire qu’un grand discours, mais beaucoup plus utile.
Restauration de la nature : les écosystèmes ont besoin de temps
Préserver les espaces encore en bon état ne suffit plus. Il faut aussi restaurer les milieux dégradés : forêts fragilisées, zones humides asséchées, rivières artificialisées ou sols appauvris.
Une restauration réussie ne consiste pas à planter quelques arbres pour une photo. Il faut comprendre le milieu, choisir des actions adaptées et observer les résultats pendant plusieurs années. L’eau, la qualité des sols et la diversité des espèces sont de bons indicateurs.
Le sujet parle à la France. Notre article sur l’état de la forêt française montre les pressions qu’elle subit. Plus près de Nantes, les 659 hectares protégés des marais de Mazerolles rappellent que des initiatives locales peuvent produire des effets concrets.
Financements : le principal point faible du bilan
Protéger le vivant coûte de l’argent. Il faut financer les équipes, la restauration, le contrôle et l’accompagnement des territoires. L’accord de Montréal vise toujours 200 milliards de dollars mobilisés chaque année d’ici 2030, toutes sources confondues.
La COP17 a annoncé près de deux milliards de dollars de nouveaux engagements et initiatives de financement. Mais annoncer des fonds ne signifie pas que tout l’argent est déjà disponible sur le terrain. Plusieurs acteurs jugent les moyens encore insuffisants, notamment pour les pays qui ont le moins de ressources.
Les négociations ont aussi avancé sur les règles du financement international. Des choix importants restent cependant à préciser d’ici la prochaine COP. C’est le point sensible du sommet : comment demander davantage d’efforts sans donner les moyens de les réaliser ?
Communautés autochtones : une participation mieux organisée
Autre résultat important : les pays ont adopté les « lignes directrices de Sevan » pour faire fonctionner un organe permanent consacré aux peuples autochtones et aux communautés locales. Ces populations protègent souvent des territoires particulièrement riches en biodiversité.
Leur connaissance des milieux peut aider à mieux préserver les espèces et les ressources. Mais leur participation doit être réelle, pas simplement évoquée à la fin d’un communiqué. La COP17 a donc franchi une étape institutionnelle sur ce sujet.
Les discussions ont également progressé sur le partage des avantages issus de certaines données génétiques, notamment autour du Fonds de Cali. Là encore, le défi sera de rendre ces mécanismes utiles et accessibles, au-delà des textes adoptés.
Entreprises : des engagements que l’on peut vraiment mesurer
La biodiversité concerne aussi les entreprises. Elles utilisent des matières premières, de l’énergie et de l’eau. Leurs achats, leurs déchets ou l’aménagement de leurs sites influencent les milieux naturels.
La bonne méthode ? Regarder d’abord les impacts de son activité. Puis choisir quelques priorités vérifiables : réduire le gaspillage, améliorer le tri, limiter certains déplacements et travailler avec des fournisseurs responsables.
Chez GLASSEO, la sensibilisation passe également par des échanges, comme notre atelier consacré aux sols vivants. Une conférence ne remplace pas l’action. Elle aide toutefois à comprendre pourquoi certaines décisions du quotidien peuvent compter.
Chez GLASSEO, réparer plutôt que remplacer reste un choix concret
Le vitrage automobile n’est pas le premier sujet auquel on pense quand on parle de biodiversité. Pourtant, sa fabrication mobilise des ressources. Son remplacement implique aussi du transport et des déchets à gérer.
Chez GLASSEO, nous privilégions la réparation du pare-brise quand son état et la sécurité le permettent. Pourquoi changer une pièce entière si un impact peut être traité correctement ? Le tri et le recyclage des vitrages complètent cette démarche.
L’organisation des interventions compte aussi. Nos équipes se déplacent à domicile ou au travail et optimisent leurs tournées. Notre article sur le bilan carbone entre centre fixe et intervention mobile explique cette logique. Ce ne sont pas des solutions à toute la crise du vivant. Ce sont des actions adaptées à notre métier.
Et maintenant ? Rendez-vous à Quito en 2028
Après Erevan, le plus difficile commence. Les États doivent traduire leurs engagements en budgets, en règles et en résultats mesurables. Les associations et les scientifiques suivront leur application. La COP18 se tiendra à Quito, en Équateur, en 2028.
D’ici là, trois questions permettront de juger les progrès : les milieux sont-ils mieux protégés ? Les financements arrivent-ils réellement sur le terrain ? Les activités qui dégradent la nature reculent-elles ?
La COP17 a donc été utile, mais son bilan reste contrasté. La coopération avance, les retards persistent. La biodiversité ne peut pas attendre un sommet de plus pour que les actes rejoignent enfin les paroles.